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10 mars 2025

Le packaging à l'ère d'Instagram : concevoir un objet qui se partage

Un packaging a toujours eu deux missions : protéger le produit et donner envie de l'acheter en rayon. Aujourd'hui, il en a une troisième, devenue presque aussi importante que les deux premières : donner envie d'être photographié et partagé. Un packaging qui échoue sur ce point perd un canal de visibilité gratuit que ses concurrents, eux, ont su capter.

Ce qui rend un packaging "partageable", concrètement. Ce n'est presque jamais la surcharge visuelle — au contraire. Les packagings qui circulent le plus sur les réseaux sont souvent ceux qui ont un détail fort et identifiable plutôt que dix éléments décoratifs qui se battent entre eux : une couleur inattendue dans la catégorie, une typographie qui sort du lot, un geste d'ouverture surprenant, une texture qu'on a envie de toucher avant même de filmer.

Le moment du déballage compte autant que l'objet lui-même. Une part importante du contenu partagé sur les réseaux autour d'un produit, ce n'est pas une photo du packaging fermé — c'est une vidéo du moment où on l'ouvre. Ce qui veut dire que le design ne s'arrête pas à la boîte extérieure : la façon dont le couvercle se soulève, la disposition à l'intérieur, un message caché sous le rabat, sont autant d'opportunités de créer un moment filmable.

Ce qu'on intègre systématiquement dans une réflexion packaging aujourd'hui :

  • Un point de vue clair et unique — mieux vaut un détail marquant qu'une accumulation d'éléments moyennement intéressants
  • Une réflexion sur le format vidéo vertical dès la conception, pas après coup — comment l'objet se comporte-t-il filmé à la main, en train de s'ouvrir ?
  • Une cohérence avec l'identité de marque globale, pour que le packaging partagé serve aussi de rappel visuel de la marque, pas juste un joli objet anonyme
  • Une matière ou une finition qui se distingue au toucher autant qu'au regard — le contenu vidéo capte souvent ce genre de détail sensoriel

L'équilibre à ne pas casser : un packaging pensé uniquement pour être photogénique, au détriment de sa fonction première (protection, praticité, coût de production raisonnable), finit par coûter plus cher qu'il ne rapporte en visibilité. Le meilleur packaging "partageable" reste avant tout un bon packaging — la dimension partageable vient en plus, jamais à la place du reste.

Concevoir un packaging aujourd'hui, c'est concevoir un objet qui doit fonctionner en rayon, dans la main, et à l'écran. Les trois contraintes ne se contredisent pas si elles sont pensées ensemble dès le départ.